ICI ET MAINTENANT
CONSTRUCTION DU PÔLE « NATION » POUR L’UNIVERSITÉ SORBONNE NOUVELLE - PARIS 3
MARCHÉ POUR LA RÉALISATION D’UNE OEUVRE AU TITRE DU 1% ARTISTIQUE
LOT 1
Ici et maintenant est une intervention sculpturale délicate qui passe par le langage et le dessin pour créer une atmosphère de pensées et d’inspirations qui circulent à travers le cloître comme un vent doux. Elle est constituée de lignes de bronze qui deviennent textes, et de textes qui deviennent lignes, et qui proposent, tout en étant discrètes, des pensées fortes et intéressantes, en lien avec l’histoire de l’Université, avec la vie étudiante, avec des références littéraires, musicales, cinématographiques, philosophiques et populaires. Des jeux de mots perspicaces qui permettent d’enrichir le quotidien de l’université, d’éveiller de nouvelles pensées, d’intriguer, de faire réfl échir au moment présent, de faire rêver du futur, d’encourager ou encore de poser des questions. L’oeuvre qui s’infi ltre dans l’architecture crée des liens symboliques entre les espaces, et peut, à terme, constituer une sorte de nomenclature parallèle symbolique pour certains espaces : le coin où l’on devient invisible, le lieu où l’on court vers la mer, celui qui porte bonheur, celui où l’on sent le printemps. 
Les formes architecturales de cette nouvelle Sorbonne Nouvelle sont le support de l’oeuvre qui se veut comme un fl ux, comme l’air qui respire, inspire et circule dans le cloître. Un texte aussi présent que discret s’inscrit dans la suite de colonnes du cloître, un peu comme si, dans un autre temps et lieu, elles étaient toutes réunies. Le choix du bronze cherche à créer un dialogue entre cette matière qui a une longue tradition et l’architecture très contemporaine de ce nouveau campus. Cette invervention en bronze est en quelque sorte anti-monumentale, elle ne centralise pas l’attention sur une forme unique et autoritaire, mais au contraire, elle se déploie subtilement dans le cloître comme une sorte de conversation fl uide. 
Un grand texte apparaît entre lignes et colonnes, il s’agit de la phrase « Ici et Maintenant », une phrase qui, dans un rapport direct, évoque cette importance de l’instant, de vivre l’Université, ce monde d’idées, de questions et de découvertes qui est toujours de grande intensité et importance dans la vie de ceux qui y sont passés. Moi-même en tant qu’étudiant étranger arrivé en France en 2006, l’université fut sans doute un lieu où ma vie a basculé, par les idées, l’amour et l’amitié. Ici et maintenant évoque également l’origine même de la Sorbonne Nouvelle, nom du mouvement universitaire qui a donné suite au mouvement de 1968 qui a régénéré les institutions et la pensée en France et sans doute dans le monde. Ici et maintenant est un clin d’oeil à l’histoire, l’oeuvre ne se prétend pas être un hommage, mais plus comme un rappel de l’importance du présent, et du sens qu’on peut donner au futur grâce à celui-ci. 
Les lignes qui circulent, portent, gravées en elles, des clins d’oeil à des aspects multiculturels : occidentaux, latino-américains, etc. et pluridisciplinaires : cinéma, chanson, littérature, etc., aspects et valeurs que je porte à travers mon identité et que je défends également dans ma pratique artistique. Des jeux de langage qui font écho à l’univers des fi lières des cinq pôles de formation de la Sorbonne Nouvelle (Arts & Médias ; Langues, Littératures, Cultures et Sociétés Étrangères ; Littérature, Linguistique, Didactique ; Institut des Hautes Études de l’Amérique Latine ; École Supérieure des Interprètes et des Traducteurs). Le ton du texte varie, ce sont des citations retravaillées dans un sens conversationnel, parfois circonstanciel ,lié à l’espace particulier où elles sont placées. 
Au texte-dessin qui se déploie sur l’intérieur et l’extérieur de la colonnade, s’ajoute une subtile intervention sur les marches qui lient les deux niveaux du cloître. Des mots en bas-relief imprimés sur chaque marche construisent des aphorismes qui se lisent dans le sens de la montée. Ces petits poèmes parlent tendrement de force, de vulnérabilité et de souplesse, en faisant allusion à la pensée et à nous-mêmes, comme ce courant d’air qui circule librement au sein de l’université.
Cette proposition joue en complicité avec l’architecture pour créer des déclencheurs de sens qui peuvent éveiller, éclairer et amuser le passage de la communauté universitaire dans cette circulation entre intérieur et extérieur. Des mots subtils, comme souffl és à l’oreille, circulent en discrétion dans cette brise de pensées, à l’image de la communauté universitaire elle-même, où chacun marche en portant des idées et des questions, en créant des courants et des fl ux de vie et de sens.